Transpositeur ? Pas transpositeur ? Quelle tablature ? Quel nom à donner ?

Transpositeur

Les notes lues sur la tablature et/ou la partition ne sont pas les notes entendues.

Par exemple, lorsque une clarinette en si bémol lit un Do, elle fait entendre un Si bémol, et si elle lit une pièce en Do majeur, elle la fait entendre en Si bémol majeur.

Autre exemple, le galoubet provençal "usuel" (celui que ma grand'mère m'a offert en 1972, après être allé l'acheter à Orange) est transpositeur : si on lit un Do sur la tablature (traditionnelle), on entend un Si (enfin, ... presque) et si on joue une pièce en Si bémol, on la fait entendre en La majeur (enfin, ... presque).

A ce propos, voici un petit extrait d'un courriel reçu assez récemment :

[...] I have been offering galoubets for about two years, including a version with tonehole intervals as you list below, but was told that it was  completely wrong. I have come to the conclusion that the fingering of  a galoubet must be a secret every Frenchmen is sworn not to divulge to a foreigner.

Out of sheer frustration I have given up on that wonderful instrument. [...]

Tradition

La tradition parmi les tambourinaires de Provence est d'utiliser une tablature comportant deux bémols à la clé (si bémol, mi bémol). Et curieusement, la définition adoptée est : "la désignation du galoubet résulte de la note entendue lorque l'on joue un Do sur la tablature". On aurait pu s'attendre au choix de la tonique de la tonalité d'écriture, à savoir le si bémol.

Il serait intéressant de faire figurer ici un tableau des méthodes anciennes, avec l'armature utilisée.

   
   
   

En conséquence, la série des instruments dont je joue porte les noms traditionnels : Ré grave, Sol, La, Si, Do et Ré.

Un peu de rationalisation

La première tentation (ou tentative), dont j'ai profité, a été de supprimer ces deux bémols. (Jean Coutarel - ~1973)

Dans cette hypothèse, remarquons que la note la plus basse est un Fa, ce qui permet de profiter des éditions pour flûtes à bec alto, sopranino, ... En utilisant la note entendue lorsqu'on joue un Do, qui est aussi la tonique de la tonalité d'écriture, la série des instruments porte alors les noms : Do grave, Fa, Sol, La, Si bémol, Do.

Méthode et principes

Proposition de principe :

Je propose comme principe : La simplicité : pas d'altération, pas de trou en partie bouché.
Ce ne serait pas possible ? alors : le moins possible d'altération, et toujours pas de trou en partie bouché.

On peut rapidement se rendre compte que c'est la tablature commençant par un Fa qui satisfait au mieux ce principe. Il apparait, en effet, un seul Fa # avec le deuxième partiel du doigté "tout ouvert", "0 trou bouché". Dans le cas du départ sur un Do, le même doigté produit Fa #, Do # et Fa # à l'octave.

Donc le principe de moindre effort me conduit à préférer la tablature diatonique suivante :

Tablature diatonique en Do.

(modulo un certain nombre d'octaves, pour minimer les lignes supplémentaires)

 Toutefois,

  • la comparaison avec la pratique pour le flûtet Renaissance (tablature soprano - tablature alto),
  • la demande de Valentin (jeune tambourinaire occasionel - il était juste en sixième - , mais aussi à l'occasion, vielle à roue, accordéon diatonique, piano, et surtout dessus et basse de viole),
  • l'envie d'exploiter les éditions pour flûte à bec soprano, ténor, ... 
  • et de ne pas être "obligé" de refrapper mes partitions à tous bouts de champs,

me conduisent à envisager de traiter aussi le galoubet en Sol/Ré en instrument non transpositeur. C'est-à-dire d'utiliser une tablature en notes réelles pour cette tonalité de l'instrument.

Tablature diatonique du galoubet en Sol

(modulo un certain nombre d'octaves, pour minimer les lignes supplémentaires, ce galoubet en Sol sonne une quinte AU DESSUS du galoubet en Do Grave)

Et pour les nostalgiques, pas de problèmes, j'ai tout ce qu'il faut pour générer mes reccueils avec les bémols de la tradition. Il suffit de cliquer là-dessus.

Commentaires

Transposite ou pas ...

J'avais, depuis quelques années, soulevé ces questions.
http://www.galoubets.com/transpo.htm
http://www.galoubets.com/lasilasila.htm
Ma position de fabricant d'instruments d'études en PVC (bons, pas chers...) m'a amené à répandre le galoubet bien au delà de sa zone géographique de (récente) prédilection et à proposer son étude à des musiciens de tout cursus, Donc, je me suis insurgé contre le système transpositeur et la désignation décalée qui freinent la diffusion de l'instrument
Il est vrai que les "nostalgiques" sont nombreux. L'écriture en deux bémols (ou mieux en do comme tu dis, Michel) quelque soit le ton de l'instrument peut encore être considérée comme logique: C'est une pratique courante chez les musiciens à vent de l'harmonie, gênante pour tous les autres ...
Cependant, la désignation décalée de l'instrument n'est basée sur aucune logique. Si la clarinette en do est vraiment en do, le galoubet "en ut" est vraiment en si bémol.
Il est normal alors de penser que les tambourinaires de Provence utilisent un langage codé pour dissuader les autres de comprendre le doigté de l'instrument ... Si cette attitude a peut être été celle de certains tambourinaires ultra-conservateurs ou ultra-régionalistes, beaucoup d'autres ne font que pérenniser une erreur historique qu'il serait temps d'oublier.
Donc merci Michel de proposer l'écriture en hauteur réelle pour le galoubet et sa désignation par sa tonalité réelle.
Pierre Olivier www.galoubets.com